IRLANDE

Quand on arrive dans le Kerry, il faut se précipiter vers Ballybunion. Car à tout seigneur, tout honneur ! Ce parcours, classé parmi les plus beaux au monde, vaut plus qu’un détour. Sur le parking, des cars remplis de touristes américains fanatiques déversent des golfeurs non moins accros sur cet incroyable terrain. L’accueil est simple, sans fioriture, presque dépouillé. Ce qui compte c’est le phénomène naturel, le monstre élégant : un links sculpté au cœur de dunes fouettées par l’océan. Le trou numéro un est inoubliable. Son tee de départ jouxte le cimetière du village et quelques corbeaux croassent si votre drive n’est pas précis. Les premiers trous sont inland et profitent du dénivelé naturel de la côte sauvage. Ballybunion, c’est un fantastique dégradé de vert sculpté dans les dunes. Les verts sont intenses, ils oscillent entre le vert électrique des greens, celui très profond des fairways, jusqu’à un vert quasi argenté dans les roughs. Puis à mi-parcours, c’est le bleu de l’océan qui s’impose. Alors, même si le soleil n’est pas de la partie, tout ce vert mélangé au bleu vous laisseront une impression joyeuse de jaune au fond de la rétine… Le tracé tutoie une falaise de façon spectaculaire. Mais singulièrement, malgré son caractère impressionnant, Ballybunion n’est pas un parcours pénalisant. Il est tout simplement juste et permet au golfeur de réellement jouer en harmonie avec la nature sauvage irlandaise.

http://www.ballybuniongolfclub.ie/

Dooks :

Après Ballybunion, on peut s’offrir un trésor, quant à lui, caché de la région. Dooks est le genre d’adresse golfique qui s’échange à la sortie d’un pub quand la confiance s’est finalement installée. Là où il se niche, peu de cars de touristes. Le parcours est même un peu difficile d’accès vers la pointe sud de l’île sur une route rocailleuse. Dooks, un des plus vieux links de l’île, protégé par de redoutables ajoncs, est pourtant tout en lignes douces qui viennent caresser un délicieux bord de plage. Moins sportif, il est pourtant tout à fait ludique. La vue sur l’océan apaise et rassure. Ce qui inquiète plus le golfeur, ce sont ces ajoncs qui sans cesse rendent le jeu tactique. Et quand ce sont les bunkers qui se signalent, on sait d’ores et déjà que c’est du golf de haute volée qu’on devra pratiquer. Un club-house très accueillant permet de clore 18 trous qui resteront forcément dans les mémoires.

http://www.dooks.com/

Killarney

Killarney golf and fishing club est un peu plus dans les terres. On sort donc des typiques tracés links, en bordure d’océan pour découvrir un parcours inland. Killarney possède cette élégance des tracés chics jamais tocs. En bordure de lac et face à la montagne Pourpre qui l’entoure, il s’impose avec tact. Trois parcours sont au choix, avec un centre de practice immense qui transforme la halte golfique en véritables journées sportives et dynamiques. Killarney nous a encore plus touché quand, au lever du soleil, on a pu observer des cerfs nager majestueusement sur une partie du lac pour se diriger vers le parcours…

http://www.killarney-golf.com/

On doit s’y résoudre : le golf en Irlande n’est jamais un cliché mais un mode de vie avec la nature. A l’opposé de certains parcours artificiels, un links irlandais sera toujours authentique, voire transcendant. Un golfeur est souvent un peu mystique. Il cherche la performance, joue avec ses limites, est assoiffé de plénitude… Pour cela, l’Irlande est une destination idéale, avec ces links séduisant, sa verdure quasi tropicale et ses paysages à couper le souffle. C’est même la meilleure destination golfique à portée d’avion.

L’Irlande a un rapport compliqué au temps, la météo cette fois-ci. Avec un gulf stream qui entraîne des températures plus douces que la moyenne à cette latitude, des plantes sub-tropicales font la richesse de jardins ouverts aux visiteurs. Le Kerry subissant une pluviométrie importante, les links sont régulièrement balayés par le vent de l’océan ou la pluie. Voire les deux à la fois… Le golf se transforme alors en jeu tactique dans un formidable écrin de verdure. Il ne faut jamais oublier un bon équipement pour faire face aux intempéries. C’est ce même vent qui oblige aussi les golfeurs en visite sur l’île à conserver une paire de lunettes de soleil à portée de main. Une bien curieuse recommandation d’Irlandais. Car quand le bleu du ciel déchire les nuages, le soleil devient soudainement éblouissant et trompeur quand il s’agit de juger les pentes des greens ou les distances par rapport aux drapeaux. Le Kerry est la destination idéale pour étancher la soif des golfeurs, mais attention, l’offre golfique irlandaise peut donner le tournis. Il n’est pas rare de traverser un village qui annonce fièrement un élégant neuf trous ignoré des guides officiels. Tiger Woods est connu pour, entre deux parcours irlandais, prendre également le temps d’aller pêcher la truite…

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Thomas Bourdeau, journaliste, a parcouru les plus beaux parcours de golf de la planète pour la presse spécialisée. Un séjour golf se métamorphose en carnet de voyage par le biais de son écriture et de ses clichés.

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